Le conseil municipal de Montréal a adopté un nouveau règlement limitant la location de courte durée via Airbnb à une période de trois mois en été. Une décision qui vise à ramener sur le marché locatif les milliers d’appartements illégalement annoncés sur la plateforme.
Un encadrement plus strict pour lutter contre la crise du logement
Dès le 10 juin, seuls les logements loués entre cette date et le 10 septembre seront en conformité avec la réglementation municipale. Toute location hors de cette période sera considérée comme illégale, à moins de posséder un permis commercial spécifique. Les propriétaires souhaitant offrir leur logement sur Airbnb devront débourser 300$ pour obtenir un permis municipal, en plus de fournir des documents attestant qu’il s’agit bien de leur résidence principale. Des exceptions demeureront toutefois, comme lors du Grand Prix de Formule 1, qui se tiendra en mai à partir de 2026.

L’administration Plante justifie cette mesure par l’urgence de la crise du logement à Montréal. « Nous sommes convaincus de faire la bonne chose pour endiguer ce fléau. C’est une avancée majeure pour tous ceux qui sont à risque de perdre leur logement parce que leur propriétaire veut faire plus de cash en louant sur Airbnb », a déclaré Benoit Dorais, responsable de l’habitation au comité exécutif.
Une opposition qui plaide pour plus de souplesse
Si la décision a été saluée par plusieurs acteurs du logement, elle n’a pas fait l’unanimité. Certains élus de l’opposition ont déploré le manque de flexibilité du règlement, notamment pour les locataires qui louent une chambre afin de couvrir leurs frais. « Il faut être strict envers ceux qui font de l’hébergement touristique illégal, mais sans nuire à ceux qui respectent les règles », a souligné le conseiller Julien Hénault-Ratelle.
Une mesure justifiée par l’ampleur du phénomène
Le nouveau règlement répond aux nombreuses difficultés rencontrées par la Ville pour sanctionner les contrevenants. Selon une reportage récent de La Presse, près de 30% des annonces Airbnb à Montréal seraient potentiellement illégales. Dans plusieurs quartiers centraux comme Griffintown, la Petite-Bourgogne ou Saint-Henri, les nuisances causées par la location touristique illégale sont fréquemment dénoncées par les résidents.

Le conseiller municipal indépendant Craig Sauvé a d’ailleurs été tranchant sur le sujet : « Airbnb ravage des quartiers et aggrave la crise du logement. La Ville doit prendre le leadership parce que le gouvernement du Québec ne fait pas sa job. »
Plus d’inspecteurs pour assurer l’application
Afin de faire respecter la nouvelle réglementation, la Ville de Montréal prévoit d’embaucher quatre inspecteurs supplémentaires et deux employés de soutien. Ceux-ci auront pour mission d’intensifier la surveillance des annonces de location touristique et de s’assurer que les numéros d’enregistrement affichés correspondent bien aux logements.
Les contrevenants s’exposent à des amendes salées, et l’administration municipale promet d’agir sans clémence. « On part à la guerre contre les locations touristiques illégales, et personne ne part à la guerre avec un tire-pois », a illustré Benoit Dorais. Le règlement entrera en vigueur le 24 mars 2025, sauf pour la clause liée aux dates d’exploitation, qui prendra effet à partir du 10 juin. Une mesure qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’hébergement touristique illégal à Montréal.
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